Au Pays des Rêves
Au pays des rêves
Je me réfugie.
Là-bas je ris et n'ai aucun soucis
Car le malheur y est proscrit.
Dans mon lit, tous les soirs
Je pense au pays des rêves.
Alors portée par mes ailes,
Je quitte ce triste dortoir.
Court est le voyage
Qui m'amène sur ce grand et blanc nuage
Qu'est le pays des rêves.
Mes pieds nus rencontrent alors le sol tendre et magique.
Avec mes grands yeux gris
J'observe alors cette étendue féerique.
Et, enfin, je vis!
Puis, rapide comme l'éclair,
Je dévale la colline,
Pressant plus fort contre moi ma poupée Coralyne.
Devant moi, le ciel alors s'éclaire.
Au loin j'entends une elfe chanter.
Sa voix est claire et douce.
Lilou la licorne passe.
Je lui demande si sur son dos, elle peut m'emmener.
Durant la chevauchée,
Je ne l'avais point remarqué,
Mais au loin le ciel s'assombrit.
De langues de feu, il se strie.
Alors Lilou s'arrête brusquement.
Elle me fait descendre doucement
Et me chantonne tout bas :
« Il est temps pour toi de rentrer chez toi,
Petite fille !
Ici ce n'est plus pour toi,
Petite fille !
Car le jour, on y respire plus la joie,
Petite fille !
Il te faut rentrer chez toi,
Petite fille !
Et y affronter tes peines,
Petite fille !
Mais la nuit vient,
Petite fille !
Reviens dans ce pays,
Petite fille !
Car il est tien,
Petite fille ! »
Alors, ravalant mes larmes,
Je déploie mes ailes comme une arme.
Puis je m'élève dans le ciel,
Laissant au pays des rêves, mon âme